À la fin de mes études en écoles d’art, j’ai ressenti le besoin d’une césure « artisanale ». J’ai fait une formation en reliure et ai obtenu le CAP en 2012. C’était une formation classique avec histoire de l’art de la reliure, un peu de restauration et de dorure. Ce qui m’intéressait était surtout d’apprendre les bases du façonnage d’un livre et de faire de la reliure de création.
Les Misérables de Victor Hugo

La couverture se divise en deux.
La partie haute est riche et ornée, couvrure avec mosaïque de cuirs et dorures, dos à nerfs marqués, papiers de garde marbrés, tranche peinte et tranchefile brodée.
La partie basse est brute, on voit les cartons des plats de couverture sans couvrure, les ornements sont taillés à mettre le papier goudron.
Et pourtant, le corps d’ouvrage (le contenu) est commun.
Une façon de montrer ce que peut représenter les différences sociales, caste riche au dessus et caste pauvre en dessous alors que nous sommes tous faits du « même bois ».


Tranche du bas avec papiers goudron incisés révélant le carton des plats.

« Correspondances, 1917-1948 » , Louis Jou et André Suarès
Le plat supérieur est un bois gravé, le plat inférieur est un bois ayant reçu l’impression du plat supérieur. Cette réalisation traduit l’échange entre Louis Jou, illustre graveur et typographe et son ami poète André Suarès. La reliure est articulée autour de tiges de métal, permettant une ouverture totale des cahiers. Le choix des matériaux (métal et bois) est un écho à l’univers de la typographie et de la gravure.




