Livre d’artiste format Malabar.
Petite histoire presque vraie que j’ai écrite et illustrée.
« La Martine » a vraiment existé, dans mon village d’enfance en Côte d’Or. Elle tenait le Bar-tabac-presse-épicerie, à côté de la boulangère radine. Et ce que je raconte est véridique, naïve que j’étais.

40 pages – 4 x 3 cm – Impression jet d’encre – 5 cahiers cousus à la main – Couverture cartonnée – InÉdité jusqu’à ce que y’en a marre (actuellement en rupture).

Martine fait peur.
Martine, elle fait des bruits bizarres avec sa gorge.
Elle a la voix d’un garçon, parce qu’elle fume beaucoup la cigarette.
Martine sent mauvais les cendriers.
Martine comprend jamais rien tout c’qu’on lui dit.
Elle se gourre toujours dans la monnaie.
Mais moi, je sais compter.
Même des fois, je gagne des sous quand j’achète des Malabars à la Martine (même si les Malabars à la Martine y sont tout durs).
Parce qu’après je vais chez la boulangère acheter des bonbons que Martine elle a pas.
La boulangère elle, elle sait compter. Elle donne jamais un bonbon en trop. Elle est radine.
Maman dit que c’est pas bien de se moquer.
Mais moi je dis que si Martine elle voulait, et ben elle pourrait être très riche.
Elle a qu’à tout gratter les Millionnaire et les Banco dans son magasin à cigarettes, et elle gagnera forcément des milliards.
Mais Martine elle est bête, elle a rien compris.
Moi, quand je serai grande, je ferai comme la Martine,
J’aurai plein de jeux à gratter et des bonbons (mais pas tout durs).
Par contre, moi je gratterai tous les Millionnaire et les Banco.
Comme ça je gagnerai plein de sous, et comme ça, je travaillerai plus.